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Le secret des Oeufs de Dragons
Chapitre 01 - Livre d’Alban – Dragonnier
Je suis un dragonnier et je suis l'un des rares parmi les Aguélos à pouvoir, sans restriction, tuer des humains, ce n'est pas un privilège, mais vu ma fonction de dragonnier, c'est une nécessité. Ma mission est de retrouver des œufs de dragon avant qu'ils éclosent, car dans ce cas, il y aura beaucoup de dégâts. Les œufs de dragon sont des artefacts puissants, ce sont des chimères, des monstres que mon peuple a créés pour détruire et ils n'ont été conçus uniquement dans ce but. Ces armes sont nos derniers recours pour protéger notre population au cas où nous aurions été dans une situation que l'on pourrait considérer comme inextricable. Malheureusement, durant l'effondrement, nos ennemis volèrent nos stocks de cette arme sans pour autant pouvoir la contrôler. Le résultat fut que certains de ces œufs s'activèrent, détruisant ceux qui pensaient pouvoir les contrôler. Ne pouvant pas s'en servir, ils les cachèrent, mais malheureusement pas de façon très efficace, et ainsi certains humains en trouvèrent quelques-uns et ce qui devait arriver, arriva. Moi, Alban dit "Le Barbier" du fait du métier qui me sert de couverture, je suis mandaté par mon peuple pour retrouver et mettre en sécurité les centaines d'œufs de Dragon qui sont encore ici-bas, et cela par n'importe quel moyen, c'est-à-dire que je peux aller jusqu'au meurtre et je dois vous avouer, que je ne m'en prive pas. Je n'ai pas une profonde affection pour les humains, car il m'indiffère. Je n'ai rien contre eux, ni rien pour eux, à vrai dire. Je vis parmis eux, c'est tout et à par mon génome qui est identique aux leurs, je ne suis pas un être humain. Si je n'en suis pas obligé, ils ne risquent rien, mais malheureusement, il y a toujours un qui veut montrer sa pseudosupériorité et essayant de prendre l'ascendant sur moi, parfois même jusqu'à la violence. C'est dans la nature de certain être humain de ce croire supérieur aux autres, seulement moi, j'ai du répondant, et quand il s'en aperçoivent , ils vont se plaindre en chouinant comme les pleutres qu'ils s'avèrent être. Mais là, je suis en mission et ikl fait nuit depuis plusieurs heures, je marche silencieusement dans les couloirs d'un castel, car j'ai entendu dire que le seigneur de ce territoire possède un de ces artefacts. Il faut impérativement que je vérifie cette information. Je monte les escaliers en direction du premier étage. J'arrive devant la porte et perçois une iridescence que cela provoque dans mes yeux. Cette iridescence est une sorte de lumière spectrale invisible à l'œil nu et qu'entoure l'œuf quand je me trouve à proximité. L'information était bonne. Je sors mon couteau, c'est juste un couteau utilitaire de 9 pouces avec une lame fine de 5 pouces et un manche en corne. J'entrouvre la porte et regarde à l'intérieur. C'est bizarre un cachot à cet étage. il y a au fond de la pièce, des barreaux derrière lesquelles il y a un lit ou quelqu'un semble dormir. Devant les barreaux, il y a deux hommes qui sont assoupis, l'un assis sur un tabouret et l'autre debout, mais posé contre le mur. Je pénètre dans la pièce. Je vais devoir tuer ces deux hommes le plus discrètement possible. Je ne peux pas me permettre de les assommer, en se réveillant, ils pourraient dire que j'ai volé l'œuf qu'ils protégeaient et comme de toute façon, il ne restera que peu de choses de cet endroit, les tuer le plus rapidement possible est la solution la plus efficace. Je me glisse à côté de celui qui est debout et dans un geste rapide, je le plaque contre le mur et j'enfonce mon couteau dans sa gorge tandis que je le bâillonne de ma main. Il se vide de son sang et son corps se met à trembler en s'affaissant sur le sol. Rapidement, je me précipite vers celui qui est assis sur le tabouret et qui est en train de se réveiller. Avec dextérité, je l'égorge aussi rapidement que son camarade, le souffle de sa vie sort par le nouveau chemin que je lui ouvert et fait mousser son sang. Voilà, enfin, en quelques secondes les deux hommes sont morts et le silence de la nuit revient. Je fouille les cadavres poisseux de sang et trouve la clef en bois de la serrure en bois. J'ouvre le cachot et m'approche du lit. J'enlève la couverture. Il y a une petite fille qui ne doit pas avoir plus de 9 ans qui dort dans le lit. Ça, ce n'était pas prévu. L'œuf que je recherche semble être sous sa cage thoracique, au niveau de son plexus solaire, l'iridescence me le confirme. Tuer des hommes en armes ne me pose pas de problèmes, c'est mon métier, mais assassiner une gamine, ça je m'y refuse. il va me falloir l'enlever. Je bâillonne la fillette et la remue pour la réveiller.
-Réveille-toi, bacelle!
L'enfant se réveille et me regarde apeurer.
-J'enlève la main! Mais si tu cries, c'en ai fini pour toi!
La gamine acquiesce de la tête. Je m'exécute alors, il va falloir que je lui soutire des informations.
-Je suis venu pour te libérer! Lui dis-je.
-Vous êtes venus me ramener à ma mère, messire! Demande-t-elle.
-Ce n'est pas elle qui m'a payé, mais oui, je suis ici pour te ramener à ta mère. Mais il va falloir me dire où elle se trouve, mais avant ça, nous allons sortir d'ici! D'accord!
-Bien, messire!
La fillette se lève, habillée d'une simple tunique en chanvre.
-Viens, bacelle! nous n'avons pas le temps. Si nous sommes découverts, je donne pas long à notre survie!
-Oui, Messire!
L'enfant me prend la main et nous sortons de la cellule. Elle regarde avec tristesse les corps inertes des deux hommes que j'ai occis.
-Ils étaient gentils avec moi!
-Pas le temps, bacelle! Faut y aller!
Doucement, sur le pas de la porte, je vide sur le sol une bourse remplie de poudre rouge et juste à côté, j'accroche une autre bourse que je perce et un fin filet de poudre jaune s'en écoule, pour finir, je pose des ampoules de feu grégeois au contact de la poudre rouge. Quand la poudre jaune atteindra la poudre rouge, cela prendra feu et fera exploser les ampoules de feu grégeois, enflammant ainsi le Castel en bois. Avec un peu de chance, il penseront que ce qu'il y avait dans cette pièce a pris feu et que tous sont mort. Certes, ces humains n'ont pas encore ce niveau technologique, mais cela ne devrait pas tarder. Puis avec l'enfant me reprenant la main, nous redescendons par le chemin que j'ai pris et sortons du castel. Nous marchons pour nous éloigner.
-Vous êtes qui? me demande la fillette.
Je dois broder avec la vérité, mon but est d'obtenir des informations.
-Un sicaire bacelle! Un tueur à gages! Maintenant, dis-moi où se trouve ta mère?
-à Merganville!
-Aussi loin, c'est à 6 jours de marche d'ici!
-Nous avons été capturées il y a 2 semaines par les hommes du comte de Brassiand, ma mère est restée là-bas, ils attendent le Saint-Dévots pour la soumettre à la question! Moi, j'ai été ici comme bête de foire, la fille dragon!
-Ils pensent que c'est une sorcière, c'est cela!
-Oui, messire! C'est normal, vu mon aspect!
Sa mère serait une Sorca (se référer à l'index:Sorca/Magi), cela me permettrait de faire d'une pierre deux coups. Récupérer un Œuf de Dragons et éliminer une de ces saletés de Sorca. Mais, il va falloir faire vite, car si leurs Saint-Dévots arrivent avant nous pour la soumettre à la question, je ne pourrais pas lui soutirer les informations dont j'ai besoin. Qu'une sorca meurs, peut me chaut, mais j'ai une mission, et si je dois sauver une ennemie pour accomplir ma mission, alors une petite exception ne fait pas force de loi. Bon, il va falloir partir immédiatement, nous regagnons mon chariot, je cache la gamine à l'arrière.
-Tu restes là, bacelle et ne fais pas de bruits!
J’équipe mon cheval de trait et l'harnache à mon chariot. Mon véhicule se met en branle. C'est parti, direction Merganville. Nous sommes sortis de la ville depuis moins d'une heure quand j'entends une cloche se mettre à sonner dans le lointain. Je me retourne. Comme prévu, le castel est en feu. Mon départ précipité va faire de moi un coupable tout désigné. Mais je vais tout de même garder cette couverture, celui d'un barbier itinérant.
-0-
Le soleil est levé depuis peu, il fait encore très tôt quand je décide de m'arrêter dans une prairie. Mon vieux canasson mange avec appétit. Je vais voir à l'arrière de ma vieille carriole bringuebalante ce que devient la gamine. Elle est là, dormant sur un ballot. Je m'approche.
-Bacelle, bacelle!
Je la remue et elle se réveille. Elle semble triste.
-Messire! Je m'appelle Hermance! S'il vous plaît! Appelez-moi par mon prénom, messire!
Faut que je me montre gentil parfois cela peut se montrer plus efficace. Ce n’est pas que j'en ai envie, mais faisons en sorte qu'elle le croit.
-Moi, c'est Alban! D'accord, je t'appellerai Hermance!
Hermance me sourit.
-Maintenant, explique-moi pourquoi tu t'es toi-même appelé fille dragon?
Hermance dénoue sa tunique au col et fait descendre le vêtement jusqu'à son nombril.
-Voyez-vous, messire! C'est à cause de ça! Répète-t-elle en mettant l'index sur que j'identifie au premier abord comme des croûtes.
Je me ravise rapidement, car je constate que la peau de la poitrine naissante ainsi qu'une bonne partie de ses épaules d'enfant semble être constituée d'écailles. Sur son visage, c'est plus discrets, mais je remarque présente des traces d'écailles plus fines, l'arrête de son nez, ses sourcils et ses tempes. J'ai l'impression que l'œuf de dragon qui se trouve sous sa peau semble avoir affecté la jeune enfant.
-Cela te fait-il mal?
-Non, messire!
-Remet ta tunique, Hermance! Dès que Grognard à fini de manger, nous reprenons la route!
-Bien, messire!
-Et ne m'appelle plus messire, tu vas m'appeler "maître Alban", et tu seras mon apprentie jusqu'à que nous retrouvions ta mère, compris!
-Oui, maître Alban!
-Bon, remonte à l'arrière! Nous allons bientôt arrivé à Lergon-sur-Conta, là nous y ferrons quelques achats!
Soudain un bruit parvient du ventre de la fillette, un gargouillis très explicite.
-Tu as faim à ce que j'entends!
-Oui, un peu!
Je n'ai pas grand-chose dans ma carriole, un tonneau de bière légère et une autre de biscuit. je vais aller ramasser des plantes dans la prairie ou nous nous trouvons. En une quinzaine de minutes, j'ai ce qu'il faut. Je sors deux écuelles et deux gobelets, remplis les écuelles des herbacés que j'ai ramassés. Je tends l'une d'elle à l'enfant. Elle mange rapidement. je lui remplis un gobelet de bière légère que je lui tends. Elle boit. Je mange moi aussi le contenu de mon écuelle et me tire deux gobelets de bière. Dans ces contrées, une boisson légèrement alcoolisée vaut mieux que l'eau. Soudain un bruit étrange qui fait sursauter Hermance, nous parvient.
-C'était quoi ce bruit, Maître Alban!
-Ça, c'est Grognard! Nous allons pouvoir repartir!
-C'est lui qui a fait ce bruit!
-Oui, fallait que je lui donne un nom et Grognard, c'est imposé à moi!
La fillette se met alors à rire de bon cœur, cela fait plaisir à voir. Quand nous arriverons à Lergon-sur-Conta, il faudra que je place la petite chez des infiltrés, je me demande s’il y a des Aguelos dans ce village. Il faut que je contacte Secteur. En attendant, je finis mon écuelle et après avoir essuyé et rangé écuelles et gobelets, je sors deux biscuits sablés de mon tonnelet, j'en tends un à Hermance et mange l'autre. Puis je dirige vers Grognard, le remet à sa place et nous pouvons reprendre le chemin.
-Hermance! Il faut que tu te caches encore à l'arrière!
-Bien, maître Alban!
La jeune fille s'exécute, je prends les rênes, ma carriole se met en mouvement et nous reprenons le chemin. J'active l'implant au niveau de mon tympan. Pas besoin de parler, je n'ai qu'à penser.
-"Secteur! Contact Secteur! Ici, Dragonnier Alban 2323, besoin d'assistance"
-"Ici, Secteur! Que se passe-t-il Alban?"
-"J'ai récupéré la marchandise, mais il y a un problème! Elle semble s'être fusionnée avec son hôte!"
-"Tu es sur?"
-"Pour le moins, oui! Elle se trouve dans la cage thoracique, au niveau du plexus solaire. Même s’il m'est permis de tuer, je ne me vois pas tuer une fillette innocente!"
-"C'est la première fois que j'entends parler de ça! Tu veux la livrer?"
-"Non, je soupçonne sa mère d'être une Sorca, j'ai encore besoin d'elle! De là, j'aviserai! Je voudrais juste la mettre en sécurité à Lergon-sur-Conta pour ne pas éveiller de soupçon, il faut que je continue à faire comme à mon habitude."
-"D'accord, Alban! Je te donne les coordonnées des infiltrés qui sont là-bas! Voilà, c'est fait!"
Ça y est, je les géolocalise, c'est un couple avec un enfant, j'ai leurs noms, prénom et désignation. Les parents sont de Magi, des scientifiques Aguélos, des xenobiologiste qui vivent parmi leurs sujets d'observation pour mieux les étudier. Je me dirige vers ma nouvelle destination. En cette belle matinée, le voyage est agréable et nous arrivons rapidement à proximité d'une chaumière. Un jeune couple m'attend sur le perron. C'est la première fois que je les voit. Je tape sur la paroi. J'arrête ma carriole.
-Hermance, tu dors encore?
La voix fluette de la jeune fille me parvient.
-Non, maître Alban!
-Alors, descends!
L'homme s'approche de moi et d'un ton jovial me lance.
-Alban, mon ami! Je suis heureux de te revoir!
Ça donne le change pour la jeune Hermance. Nous nous faisons une accolade comme si nous étions amis depuis toujours. Je me tourne vers Hermance.
-Hermance, je vais aller au marché pour faire mon métier de barbier ambulant. Toi, pendant ce temps, tu vas rester avec mes amis, je reviendrai te chercher en fin d'après-midi. Compris, Hermance?
-Oui, maître!
Je regarde à l'arrière de ma carriole puis ceci fait, je me remets aux rennes et me dirige prestement vers Lergon-sur-Conta. Si je ne me trompe pas, aujourd'hui, c'est jour de marché. Il ne faut pas que j'arrive trop tard si je veux un bon emplacement. Après une bonne demi-heure de route, j'arrive à destination. Je suis déjà venu dans ce village à de nombreuses reprises et me suis fait une fidèle petite clientèle. J'arrive, je voir le placier qui donne déjà des emplacements à d'autres marchands. Je le connais. Je me mets dans la file et en jouant du coude avec les autres marchand, j'obtiens un emplacement pas trop mauvais. Le mieux, ce sont les artères passantes et les angles. Mais là, c'est pas trop mal. Le marché est ouvert, je sors mon siège, ma petite enseigne en bois avec au milieu une sculpture en bas-relief une bassine peinte en blanc et une autre peint en jaune, ce sont là les symboles de ma profession barbier-chirurgien, et maintenant, j'attends. Une heure passe et un des mes habitués m'aperçoit, il s'approche.
-Oh, vous êtes de retour, maître Alban?
-Oui, comme vous pouvez le voir!
-Et bien, je suis votre client! Rasez-moi de frais comme la dernière fois, ma dame en fut fort satisfaite!
-Prenez place, Messire!
Préparant mon coupe-choux et mes baumes, je laisse mon client s'installer et commence mon travail. J’essaie de faire toujours de mon mieux et me suis fait une assez bonne réputation. Mon rasoir est tellement bien aiguisé qu'il faut que je choisisse le bon angle de coupe sinon je peux créer des microcoupures. Je commence par les parties tendres, joues, gorge et le dessous du nez, pour finir par le menton. Avec professionnalisme, je rase rapidement mon client sans aucune coupure, rinçant à l'eau froide pour renfermer les pores de la peau, je finis en passant sur la peau, une agréable et fraîche couche de baume hydratant. Puis, je lui essuie du surplus d'eau et de baume avec un morceau de toile. Et voilà, c'est fini, mon client est content. Il me paie les quelques mailles que cela coûte sans rechigner. Un deuxième client se présente, puis un troisième. Je commence un quatrième client quand je vois arrivés une troupe de gens d'armes en livret aux couleurs du comté de Brassiand.
-Maître Alban! Me dit d'un ton martial le sergent de cette troupe. Pouvons-nous vous parler?
Je tourne la tête vers les nouveaux venus.
-Pouvez-vous attendre quelques...
Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que mon client se lève et avec colère, commence à invectiver la troupe.
-Vous savez qui je suis, impudent! Je suis Maitre Gotraneau, Architecte du comte de Brassiand et bourgmestre de ce village. Qu'avez-vous contre Maitre Alban,
Regardant le collier aux chaînes d'argent et le pendentif ressemblant à un taste-vin qui entoure le cou de mon client, les gens d'armes se montrent soudain plus diplomates.
-Veuillez nous excuser Maitre Gotraneau, mais il y a eu un incendie au Castel de Marville et nous avons appris que messire Alban a quitté les lieux précipitamment. Répond tout penaud le sergent de la troupe. Nous sommes ici justes à titre de vérification.
-Bin, ça je peux l'expliquer aisément. Réponds-je alors avec calme. Je suis barbier ambulant, et j'avais avisé mes clients de Marville que je devais reprendre ma route. C'est pour cela que ce jour, je suis ici! Et demain, je serai dans un nouveau village, car mon objectif est d'atteindre Merganville le plus rapidement possible, car j'ai entendu dire qu'une sorcière y aller être mené au bûcher, ce qui prévoit une sacrée foire et donc, de l'argent à se faire.
-Et je peux vous garantir qu'il était attendu par ici! conclut alors maître Gotraneau.
-Mmm, je vois! Vous êtes bien informé, Maître Alban! Mais verriez-vous un inconvénient à ce que nous fouillions votre carriole?
-Nenni, faites je vous en pris! De toute façon, je n'ai pas trop le choix... Et pendant ce temps, je vais en finir avec Maître Gotraneau. Ne puis-je que conclure.
Et tandis que deux des hommes fouillent ma carriole, je finis de raser mon client. Les deux hommes font leurs rapports au sergent. Tandis que Maître Gotraneau me paie mon dû, le sergent revient vers moi.
-Bon, nous avons toutes les informations que nous désirions. Nous vous laissons tranquille!
Et la troupe s'éloigne alors. Cela s’est passé mieux que je l'aurais cru. C'est alors que je vois s'approcher une jeune femme bien apprêtée, elle est ravissante et a tout pour me plaire. Ce n'est pas la première fois qu'elle vient me voir à mon stand, elle est déjà venue mes trois dernières visites de Lergon-sur-Conta mais ne m'a jamais adressé la parole, c'est un avantage pour moi. Car je crois qu'elle a des vues sur moi, mais je ne peux pas me permettre ce genre de relation. C'est une humaine et moi, je suis un Aguelos. Il me faut, à Contrecoeur, que je la rejette. Elle s'approche et me sourit, il va falloir que je fasse quelques choses pour réfréner ses ardeurs. Je n'ai envie de faire ce que je vais faire, mais c'est la meilleure solution. Il faut que je lui fasse provoquer un incident pour l'invectiver de façon incorrecte. Elle s'approche de moi, et sans faire exprès fait tomber les baumes qui étaient sur une petite console. L'occasion est là et tombe à point. Elle n'a même pas le temps de s'excuser que je me montre d'un grossièreté sans nom.
-Mais c'est quoi, cette gourgandine qui ne sait rien faire de ses dix doigts. Dis-je alors sans sourciller en feignant l'indifférence.
J'appelle cela le murmure à haute voix, c'est cruel, totalement injuste, mais terriblement efficace. Cela donne l'impression à la pauvre et jolie dame que je suis un peu nigaud, ce qu'on appelle un bernart et surtout, un pur goujat. Mais, il faut parfois cela plutôt que de commencer une relation qui pourrait lui nuire sans pour autant la satisfaire, et même si ainsi je lui impose un choix, c'est un mal nécessaire. Surtout qu'elle a l'air d'être une gentille jeune femme, aimable et prévenante, et elle a une bonne réputation. C'est le genre de personne qui donne de l'espoir pour le reste de l'humanité. Voilà, elle s'éloigne, son sourire a disparu. Je continue mon travail et à la fin du marché, je remballe mes affaires. Après cela, je flâne un peu dans le marché, je trouve une capeline et une robe en laine un peu moins austère que la tunique que la jeune Hermance porte et un bacerole, une sorte de camisole, de robe de nuit pour femme. Bon, maintenant, il faut que je retourne vers la famille de mes congénères Aguelos pour récupérer la fillette. Je me sens mal d'avoir agi ainsi avec la jolie jeune femme que je trouve de surcroît, totalement à mon goût, et j'espère qu'elle trouvera quelqu'un qui la rendra heureuse, c'est tout ce que je peux lui souhaiter. Le retour est plus rapide.
-0-
Conduisant ma carriole tranquillement, je suis rapidement de retour à la chaumière. La jeune Hermance est en train de s'amuser avec la fille du couple d'Aguelos. C'est encore une enfant et de la voir ainsi s'amuser avec une enfant de plus ou moins son âge, me fait plaisir. Dès qu'elle m'aperçoit et elle se met à courir à rencontre.
-Maître Alban!
Elle s'arrête devant moi m'offrant un adorable sourire.
-Alors, tu t'es fait une nouvelle amie?
-Oui, maître Alban!
-Bien, nous allons bientôt y aller! Tiens, je t'ai ramené ceci! Et je lui donne la robe et la capeline. Va te changer!
-Merci, maître Alban!
Tandis que la petite fille s'éloigne, mon compatriote vient à ma rencontre.
-Alban, je me nomme ici-bas, René. Chez nous. Nous sommes ici, ma femme et moi, en tant que biologiste pour observer et faire des recherches. Si tu le veux, je peux te fournir un appareil qui pourra modifier l'apparence de la fillette qui t'accompagne. Elle aura ainsi une apparence plus humaine et en aparté et à titre d'information, je l'ai aussi implanté!
-D'accord! Et comment puis-je vous rendre service.
-Tu l'as déjà fait! Nous te remercions de nous avoir permis d'observer cette petite fille et ton analyse est correcte, il y a bien eu une symbiose entre l'œuf et l'enfant. Si tu fais d'autres observations, informe-nous!
René sort alors une boîte contenant un très fin bracelet couleur peau qu'il me tend. Je le prends et le mets dans ma besace.
-Je n'y manquerais pas!
-Et comment vas-tu faire pour lui expliquer ta possession de cet objet.
-Cela ira de soit, René! Les seuls marchands qui ont le droit de vendre des objets qui paraissent magiques à ces humains sont les Grands-Alchimistes d'état. Même si la quasi totalité de ces soi-disant Grands-Alchimistes sont érudits, ils ne comprennent rien à la technologie Aguelos. Hermance n'en sachant encore moins, croira ce que je lui dirais.
-Ah! Nous avons récupéré les plans du château de Merganville! D'un mouvement de la main droite, l'homme fait apparaître une représentation holographique du château de Merganville. C'est ici que la mère de Hermance est faite prisonnière. Le meilleur moyen de la rejoindre est de passer par cet ancien puits.
-D'accord! C'est une bonne information! Mais il va falloir que je trouve un moyen d'y entrer avec Hermance, sans faire de trop victime. Je pensais à du gaz soporifique. Il faut impérativement que j'interroge sa mère avec la petite avec moi pour la mettre en confiance et bien sûr, avant que le Grand-Dévot la soumette à la question.
-Je pense que c'est possible, le Grand-Dévot est actuellement en train de soumettre à la question un pauvre bogre à Saint-Igny, pour le faire avouer qu'il voue son âme au Sabbath. Il est encore assez loin. Tu as le temps de... Ah!... Ma fille m'informe par implant que la petite Hermance revient.
Effectivement, la fillette est de retour, elle est radieuse, mais semble néanmoins inquiète.
-Maître Alban, je ne vais pas pouvoir mettre ceci! les gens verrons mon visage!
Et voilà, à moi de dérouler le mensonge que je viens d'imaginer il y a à peine quelques minutes.
-Ne t'inquiète pas, je suis allé chez un Grand-Alchimiste d'état qui m'a vendu un bracelet amulette ayant le pouvoir de te donner l'aspect d'une petite fille normale... Mais, je me suis ravisé sur un point, le temps que nous rejoignions ta mère, tu ne m'appelleras pas maître Alban, mais Papa! Cela ne te gêne pas?
-Non, maître Alb... Papa!
-Et je ne t'appellerais pas Hermance, mais Hermione! D'accord!
-Oui, pa...pa!
-Tiens, voici le bracelet! Mets-le, Hermione!
-Oui, papa!
Hermance s'exécute, et les écailles qui lui défiguraient le visage disparaissent alors. Par l'entremise de mon implant, je faisais quelques réajustements sur son bracelet, pour que sa peau, quelques traits de son visage, la couleur de ses cheveux. Et que chacun puisse pensez en nous voyant côte à côte, tiens voilà un père et son enfant.
-Bien, maintenant que c'est fait, retourne à l'arrière, nous repartons!
Après avoir dit au revoir à nos amis, la jeune fille s'installe et regagnant ma place, mon véhicule bringuebalant se met en branle.
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